
Dans l'industrie des revêtements, un produit est dit filmogène lorsqu'il a la capacité de se transformer, après application, en une membrane solide, continue et parfaitement adhérente au support. Cette enveloppe, appelée « film », assure une fonction de barrière physique étanche et protectrice.
Contrairement aux solutions d'imprégnation (huiles, saturateurs) qui migrent au cœur de la matière, le filmogène reste en surface. Ce mécanisme est la base des peintures, vernis et lasures satinées, offrant une protection supérieure contre l'abrasion et les agressions chimiques sur des supports variés : bois, métaux, PVC, bétons et composites.
Sommaire de ce dossier technique :
Le passage de l'état liquide à l'état solide (la filmification) n'est pas un simple séchage par évaporation, mais un processus complexe qui varie selon la nature du liant :
Un facteur clé est la Température Minimale de Formation de Film (TMFF) : en dessous d'un certain seuil (souvent 5°C), les particules ne fusionnent pas correctement, rendant le film fragile, poudreux ou sujet au décollement.
Pour juger de la qualité technique d'un revêtement filmogène, les experts se basent sur trois indicateurs majeurs :
Il représente la proportion de matière solide qui demeure sur le support après évaporation. Un extrait sec élevé garantit un film plus épais et une meilleure opacité, limitant le nombre de couches nécessaires.
L'adhérence définit la liaison entre le film et le support, tandis que la cohésion mesure la force interne du film lui-même. Un film doit être assez souple pour absorber les chocs sans se rompre.
C'est l'aptitude du produit à s'étaler uniformément (le "tendu"). Une bonne rhéologie permet d'éliminer les traces de pinceau ou de rouleau lors du séchage pour un aspect parfaitement lisse.
C'est l'un des points les plus critiques pour les supports minéraux (béton, enduit) et le bois. Un filmogène trop étanche piège l'humidité résiduelle du support. Sous l'effet de la chaleur, cette humidité se transforme en vapeur, crée une pression et provoque des cloques (phénomène de décollement osmotique).
La solution professionnelle : Opter pour un filmogène microporeux. Sa structure laisse passer la vapeur d'eau (gaz) mais bloque l'eau liquide (pluie). C'est ce qu'on appelle la respiration du support.

Le principal ennemi du filmogène est le mouvement dimensionnel du support. Sur un bois massif extérieur soumis à de fortes variations hygrométriques, le bois "gonfle" et "dégonfle". Si le film n'est pas assez élastique, il finit par craqueler.

Pour garantir la pérennité d'un système filmogène, la préparation du support est responsable de 80 % du résultat. Un support doit être sec (taux d'humidité inférieur à 18 % pour le bois), propre, dégraissé et sain. L'utilisation d'un primaire d'accrochage adapté est souvent le seul moyen d'assurer l'adhérence chimique indispensable à la durabilité du film.